La gestion des sols en viticulture

Dans le vignoble, le travail ne s’arrête pas uniquement à l’entretien des vignes. De plus en plus de vignerons portent une réflexion globale de leur parcelle, et notamment sur la gestion des sols.

Un quart de la vie sur Terre se trouve sous nos pieds !

Les sols constituent l’un des écosystèmes les plus complexes de la nature, et l’un des habitats les plus diversifiés sur terre : ils abritent des milliers d’organismes différents, qui interagissent et contribuent aux cycles globaux qui rendent possible la vie. Nulle part dans la nature on ne retrouve une densité d’espèces aussi importante que dans les communautés du sol. Toutefois, cette biodiversité reste peu connue du fait qu’elle est souterraine et en grande partie invisible à l’œil nu.

Galerie de vers de terre chez Julien et Aurélie Rémondat – Valvignères

Les expériences et études menées ont permis de faire évoluer les pratiques culturales en matière de gestion des sols. Aujourd’hui, les agriculteurs, et notamment les vignerons, travaillent les sols en surface, beaucoup moins en profondeur afin d’éviter de déstructurer les sols, et préserver la biodiversité des sols. Les galeries de vers de terre ont une durée de vie entre 20 et 30 ans, c’est dire si le travail invisible de ces petites bêtes est durable et indispensable pour une bonne structure des sols, et une bonne aération.

La gestion des sols est complexe en viticulture, mais est aussi importante que les soins apportés à la vigne. Cela présente de nombreux intérêts :

  • Une alternative aux produits phytosanitaire contre la concurrence des mauvaises herbes,
  • Une compaction moins forte et donc meilleure aération des sols, à la fois pour l’infiltration des eaux de pluie mais aussi pour éviter l’érosion des sols,
  • L’augmentation des taux de matière organique dans les sols, et donc une meilleure restitution des éléments à la vigne
  • Un apport de compost, une meilleure fertilisation

La gestion des sols englobe plusieurs techniques :

  • Couverts végétaux : naturels ou semés, les couverts végétaux sont les bandes enherbées entre les rangs de vigne que l’on voit de plus en plus souvent dans le vignoble. Ils permettent d’augmenter l’activité biologique des sols et restituent des éléments minéraux assimilés par la vigne. Pour le cas des couverts végétaux semés, les espèces sont choisies en fonction de leurs bénéfices sur la vigne. Au printemps, ils sont détruits, ou simplement roulés ; dans ce cas, ils forment une couche protectrice pour le sol. Une étude menée par la Chambre d’Agriculture de l’Ardèche a permis de montrer une différence de température de -4°C entre la surface des couverts végétaux et la surface des sols sous le couvert. En période de forte chaleur, ce sont donc de bons alliés pour préserver l’humidité et la fraîcheur des sols.

Pour en savoir plus sur les couverts végétaux, lire l’article « Les couverts végétaux c’est quoi ?

  • Travail du sol : cela regroupe plusieurs techniques, soit en surface (griffage, buttage) soit sur des profondeurs allant jusqu’à 60cm (sol-solage pour décompacter les sols). Le travail des sols permet à la fois d’enclencher la minéralisation de la vigne, de supprimer les mauvaises herbes sans intervention chimique, mais aussi d’aérer des sols qui peuvent être trop compactés suite aux nombreux passages de tracteurs ou machines à vendanger.
  • Paillage : cette technique consiste à disposer de la paille sous le pied de vigne afin de lutter naturellement contre les mauvaises herbes. Quelques essais ont été entrepris par nos vignerons. Attention toutefois à ne pas utiliser certaines espèces qui pourraient favoriser la présence de plantes concurrentielles.
  • Fertilisation : elle permet d’augmenter les taux de matière organique par l’apport de compost ou de fumier. Cette technique nécessite de bien connaître son sol et de veiller à ne pas apporter inutilement des fertilisant la où il n’y a plus de matière organique permettant la dégradation.

Les fosses pédologiques permettent d’amorcer une première réflexion sur la gestion des sols. En effet, ces trous de plusieurs dizaines de cm de profondeur (jusqu’à 2m), vont permettre d’analyser les sols en profondeur dans le but de répondre à plusieurs objectifs :

  • Analyser la composition des sols, c’est-à-dire les éléments nutritifs présents
  • Analyser la texture des sols et leur nature (argile, calcaire, sable…)
  • Mesurer la densité des sols ; plus le sol est friable, plus les racines pourront s’étirer pour puiser les ressources
  • Analyser la vie microbienne ; une activité microbienne intense est le signe d’une bonne santé, et participe à l’aération des sols et l’infiltration des eaux de pluie
  • Analyse de la charge en cailloux ; un sol pauvre en cailloux sera plus fertile, à l’inverse, un sol très caillouteux sera moins fertile mais plus drainant.

Toutes ces analyses permettent de connaitre l’état général des sols, et sont souvent complétées par des analyses de sarments et de pétioles (tige des feuilles de vignes – c’est à travers les pétioles que se fait la transition des éléments fertiles depuis les sarments vers les feuilles).

Après interprétation, d’éventuelles mesures correctives seront prescrites afin d’adopter des méthodes culturales raisonnées et durables.

Mais le plus important en matière de gestion des sols est de ne pas généraliser et ne jamais faire la même chose ! Cela nécessite de s’adapter aux différents terroirs, aux cépages, et aux années (sécheresses, fortes pluies…), tout en respectant la structure initiale des sols.

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