Le gel, cauchemar de nos vignerons !

Le printemps est une période très souvent stressante pour nos vignerons, mais aussi pour les vignes, et notamment à cause des gelées. Après un premier épisode de gel début avril, et alors que les Saints de Glaces ne sont pas encore passés, nos vignerons redoutent les prochains jours.

Pourquoi le gel est tant redouté ?

Au printemps, avec la hausse des températures, les premières feuilles commencent à recouvrir les vignes, accompagnées très vite des premiers bourgeons. Cette année encore, nous avons observé une croissance très rapide de la végétation, avec notamment près de 10 jours d’avance par rapport à l’année 2018 selon les cépages et les secteurs. En cas de vague de froid, les bourgeons peuvent supporter des températures jusqu’à -3°C ; au-delà, la sève, riche en eau, va geler et provoquer la mort de tout ou partie de la plante. Dans ce cas, la récolte de l’année peut être complètement perdue. En quelques jours, on verra noircir et se flétrir les organes gelés, bourgeons, pousses, premières feuilles, grappes embryonnaires, selon l’avancement de la végétation qui finalement s’arrêtera.

Le soleil est aussi, dans ces cas-là, l’ennemi de la vigne ; c’est souvent lorsque les premiers rayons commencent à se montrer que les feuilles et les bourgeons ont le plus de risque de brûler par effet de loupe.

Quelques dégâts ont été observés sur différents secteurs, et notamment dans les vignobles en plaine. Il est encore tôt pour quantifier les dégâts liés à cet épisode de gel ; il faut en effet attendre le développement des bourgeons secondaires et la formation des premières grappes qui pourront restaurer une partie du potentiel de la vigne à produire des fruits et compenser en partie les pertes.

Bourgeon gelé à Ruoms

Comment se prémunir contre le gel ?

Il est difficile de lutter contre le gel, et même si de nombreuses méthodes existent, aucune ne permet réellement de protéger le vignoble dans son intégralité. Il s’agit alors de limiter les dégâts, soit en réchauffant l’air autour des vignes, soit en empêchant un refroidissement accru des vignes et des sols. Voici quelques exemples :

  • Bougies et braseros : Une des pratiques répandue est la disposition de bougies. Cette méthode consiste à disposer dans le vignoble de grosses bougies, des blocs de paraffine dans des boites métalliques. La cire des bougies est naturelle. Une autre astuce consiste à disposer des braseros au milieu des vignes. Les bougies  et les braseros vont réchauffer l’air ambiant autour des vignes, et ainsi empêcher une chute des températures trop importante.
  • Aspersion : Cette technique consiste à arroser les vignes durant la nuit au moment où le gel se forme. Les gouttes d’eau vont geler et enfermer les bourgeons à une température de 0°C pour les protéger d’une température extérieure plus basse. Néanmoins cette technique n’est pas sans risque : si la coque de protection dégèle trop rapidement elle n’aura servi à rien. Il faut donc arroser en continu les vignes jusqu’à ce que les températures remontent. Ce système est considéré comme efficace mais demande des installations conséquentes : les tuyaux et les gicleurs sont très coûteux. C’est pourquoi ce système est souvent réservé aux parcelles les plus exposées.
  • Feux de paille : Au lever du jour, moment le plus critique lors d’un épisode de gel, les vignerons brûlent des bottes de pailles, non pas pour réchauffer l’air, mais pour créer un écran de fumée qui va permettre de protéger les bourgeons contre les les rayons du soleil qui pourraient brûler la végétation à cause d’un effet loupe.

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