Ardèche Par Nature® vu par les vignerons. Rencontre avec Jean-Luc Tardieu

Jean-Luc Tardieu, viticulteur sur la commune de Saint Germain, en GAEC avec son épouse, président de la cave de de Vogüé :

 

Jean-Luc a reprit l’exploitation familiale ; au départ, elle était surtout arboricole. Et puis dans les années 90, « la conjoncture a changé » dit-il, et la vigne a petit à petit remplacé les arbres. Il cultive aujourd’hui 25ha, essentiellement avec des cépages qualitatifs : Chardonnay, Viognier, Muscat, Grenache Noir et Merlot ; la plupart étant depuis 2016 sous la charte de qualité Ardèche par Nature®

Après cette brève présentation, je lui demande ses motivations à rejoindre la démarche Ardèche Par Nature®

Je pense qu’on a toujours besoin d’évoluer, de faire quelque chose de nouveau. C’est l’occasion de se remettre en cause, et pour quelque chose qui est vraiment dans l’air du temps : aller vers plus d’écologie, plus d’économie de produit, moins de traitement et plus de raisonnement. Tout ce qui touche à l’environnement, c’est vraiment indispensable. C’est même incroyable qu’on ne s’y soit pas attaché avant.

Vous aviez déjà fait des démarches pour agir pour l’environnement ?

Non, j’ai toujours eu du mal. J’ai toujours été très sensible à ça, mais tout seul c’est difficile ; disons qu’il faut trouver un intérêt à le faire, il faut une dynamique, il faut des points de repère. J’étais sensible mais pas acteur. Et je suis satisfait que cette démarche Ardèche Par Nature® soit mise en place, c’est le bon moment !

Quelles sont les actions que vous avez mises en place ?

Je travaille mes sols, j’ai installé des nichoirs à chauve-souris et des ruches pour les abeilles, je supprime l’épamprage chimique et les anti-botritys (pourriture du raisin). Je trouve que ces actions sont pertinentes, et présentent un réel intérêt pour notre environnement.

Et les actions à venir ?

Je vais ré-enherber mes parcelles afin d’entretenir les sols d’une manière plus respectueuse de l’environnement et réduire l’utilisation de produits chimiques. Il y a aujourd’hui des techniques nouvelles, je vais donc les mettre en place dès l’année prochaine.

Jean-Luc Tardieu
©JF ARNAUD

Quelles sont vos attentes vis-à-vis de cette démarche ?

Beaucoup de communication sur notre métier et notre façon de travailler. Par rapport à l’environnement, j’attends aussi de trouver des solutions et des aides pour toujours plus de vertu.

Dans ma vie quotidienne, on me fait beaucoup culpabiliser. Les traitements sont obligatoires pour préserver la qualité et la quantité de la récolte, et même en agriculture Bio les traitements sont indispensables ! Les gens ne le savent pas assez, mais parfois la nature ne sait pas se défendre seule.

Et puis au final, si cette démarche nous permet de nous approcher d’une viticulture Bio, moi ça ne me dérange pas, au contraire !  Terminer ma carrière en bio ce serait une bonne chose ; parce que c’est une remise en cause, et notamment sur notre façon de travailler. Mais aussi parce que j’aurai plus l’impression d’avoir évolué avec mon temps.

Comment voyez-vous l’avenir de la viticulture ?

J’ai toujours été optimiste. Je pense que notre métier est vraiment très intéressant ! Il y a pleins d’avantages ; plus d’avantages que d’inconvénients !

Et pour moi Ardèche Par Nature® c’est une très bonne chose, et ça ne va même pas assez loin. J’espère que ça va nous aider à évoluer.

Vignes de Jean-Luc Tardieu
©JF ARNAUD

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